L’arrestation d’un ressortissant français au Sénégal continue d’alimenter les tensions entre Dakar et Paris. Cet ingénieur de 30 ans, interpellé dans le cadre d’une vaste opération visant des personnes soupçonnées d’homosexualité, est détenu depuis le 14 février dernier. Ce dernier fait face à plusieurs accusations, notamment « actes contre nature », association de malfaiteurs, blanchiment de capitaux et tentative de transmission du VIH.
Selon une source diplomatique relayée par le quotidien L’AS dans sa parution du jour, les autorités françaises suivent « avec attention » l’évolution de cette affaire, tout en rappelant leur engagement en faveur de la défense des droits des minorités sexuelles à l’échelle internationale.
Cette affaire intervient dans un contexte déjà sensible, marqué par l’adoption, le 11 mars dernier, d’une nouvelle loi sénégalaise renforçant la répression des « actes contre nature ». Désormais, les peines prévues passent de cinq à dix ans d’emprisonnement.
Ce durcissement législatif d’après les confrères du quotidien l’As suscite depuis plusieurs jours de vives réactions en France, tant sur le plan politique que médiatique. À la veille de la Journée internationale contre les LGBT-phobies, la présidente de l’Assemblée nationale française, Yaël Braun-Pivet, a dénoncé dans une vidéo des « humiliations » ainsi que des « scènes de violences filmées » visant la communauté LGBTQ+ au Sénégal.
Tout en reconnaissant la souveraineté des États en matière législative, l’élue française estime que cette loi constitue une « atteinte aux droits humains » et aux principes de la Déclaration universelle des droits de l’Homme. Elle a également rappelé le combat mené par la France depuis 1982, sous l’impulsion de Robert Badinter, en faveur de la dépénalisation de l’homosexualité.
Dans la foulée, plusieurs responsables politiques et militants français ont appelé à des mesures de protection pour les personnes LGBTQ+ sénégalaises. L’activiste Jean-Luc Romero-Michel a notamment interpellé le président Emmanuel Macron ainsi que le ministère français des Affaires étrangères afin de réclamer l’octroi de visas humanitaires aux personnes menacées.
Le sénateur de Paris Ian Brossat a, lui aussi, annoncé le dépôt d’un vœu au Conseil de Paris visant à faciliter l’accueil des personnes qu’il considère comme « victimes de cette loi », évoquant une situation d’urgence vitale.








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