​ Crise climatique au Sénégal : Le plaidoyer choc de Human Rights Watch

par Wendvi Kévin TIEMTORE | Avr 21, 2026 | Politique, Société | 0 commentaire

Dans une démarche historique, Human Rights Watch a sollicité la Cour africaine des droits de l'homme et des peuples pour clarifier les obligations des États face à la crise climatique, s'appuyant sur des recherches prouvant que « le changement climatique affecte déjà négativement les communautés en Afrique ». L'organisation souligne l'urgence de politiques nationales pour protéger les populations déplacées, rappelant que « les gouvernements nationaux portent la responsabilité première d'assurer la protection et l'assistance pendant le déplacement ». Cette intervention vise à établir que les omissions étatiques face aux risques climatiques connus « peuvent équivaloir à une violation des droits de la Charte » africaine.

Le rapport met en lumière le calvaire des pêcheurs de Saint-Louis, au Sénégal, relégués sur le site de Khar Yalla, une zone jugée « inappropriée pour l'habitation humaine permanente » par les autorités elles-mêmes. Près de dix ans après les inondations de 2016, ces familles vivent dans un « surpeuplement sévère » sans accès à l'électricité ni aux services de base, une situation où « les eaux septiques et les déchets pénètrent dans les maisons » à chaque saison des pluies. Human Rights Watch fustige l'inaction du gouvernement qui a « violé les droits économiques, sociaux et culturels des familles déplacées », les laissant dans une précarité telle que « les familles sont souvent incapables de mettre de la nourriture sur la table ».

Face à ce constat, l'organisation appelle la Cour à consacrer un « devoir de prévenir les dommages liés au climat » et d'assurer que toute réinstallation soit « nécessaire et proportionnée ». Elle insiste sur le fait que l'adaptation ne doit pas se faire « aux dépens de la protection des droits humains » et nécessite une « consultation et participation significatives des communautés touchées ». Enfin, Human Rights Watch rappelle que la justice climatique repose sur une responsabilité partagée, affirmant que « les États à fortes émissions ont la responsabilité de soutenir les États vulnérables » par le biais de financements et de transferts technologiques.

0 commentaire

Envoyer un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous serez  peut-être intéressé par les articles suivants...

Affaire Ousmane Sonko : Le porte-parole de la Présidence, Me Abdoulaye Tine sort dément une éventuelle saisine du Conseil constitutionnel

Affaire Ousmane Sonko : Le porte-parole de la Présidence, Me Abdoulaye Tine sort dément une éventuelle saisine du Conseil constitutionnel

Le porte-parole de la Présidence de la République, Me Abdoulaye Tine, a apporté un démenti formel concernant des informations diffusées, ce mardi matin. Lesquelles concernent une saisine de la Présidence pour s’opposer à l’intégration de l’ancien Premier ministre et...

lire la suite...
Ousmane Sonko à l’assemblée : Le Conseil constitutionnel n’a pas été saisi par le Palais

Ousmane Sonko à l’assemblée : Le Conseil constitutionnel n’a pas été saisi par le Palais

Seneweb a relayé ce mardi 26 mai 2026 une information initialement publiée par le quotidien Les Échos, faisant état d'une supposée saisine du Conseil constitutionnel par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Face à la volonté des députés de Pastef de...

lire la suite...
Parlement/L’opposition boycotte le vote du perchoir : Pastef fait élire Ousmane Sonko

Parlement/L’opposition boycotte le vote du perchoir : Pastef fait élire Ousmane Sonko

La séance consacrée à la réinstallation d'Ousmane Sonko et à l’élection du nouveau président de l’Assemblée nationale se déroule finalement sans les députés non inscrits et ceux du groupe parlementaire Takku Wallu. En effet, Aïssata Tall Sall et ses collègues de...

lire la suite...